06 juin 2009
Le mot de la fin
6 JUIN 2009
Je suis dans l’avion lorsque j’écris ces lignes. Si tout se passe bien j’arriverai au Québec dans quelques heures. Mon voyage est terminé. J’ai vécu plusieurs des plus beaux moments de ma vie en France, mais aussi ailleurs en Europe.
J’ai du mal à définir mon identité culturelle, maintenant. Je ne me retrouve plus tout à fait dans celle du Québec. Inversement, je sais que je ne serai jamais Française. Je suis un amalgame de tout ce que j’ai vu et je garde en moi mes expériences qui m’ont permis de porter un autre regard sur le monde, mais plus encore sur la vie en général. Les valeurs des gens que j’ai rencontré, leurs goûts, leur style de vie, leurs aspirations et leur passé m’ont amenée à m’interroger sur la notion de liberté, le besoin de la parole. À quel point les gens sont-ils réellement libres ? Aussi, peut-on se libérer des mœurs qui sont si solidement ancrées qu’il est difficile de les cerner ? Je me rappelle d’un des livres que j’ai lu qui m’a beaucoup marqué durant mon séjour en France : Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal, un écrivain tchèque des 1970. Ce livre qui se veut une allégorie du système communiste présente l’histoire d’un homme qui travaille au pilon et qui a comme devoir de détruire les livres interdits. Malgré le fait qu’il ait peu d’éducation, il voit en les livres l’essence humaine. Il réfléchit alors sur la vie et sur l’au-delà. Sa fonction dans la société ne va pas de pair avec sa philosophie. Un peu comme les individus sous le système communiste, l’extérieur ne pouvait refléter l’intérieur : en temps de crise, comme le disait l’écrivain hongrois Gyorgy Konrad, l’écriture devient polyphonique. L’écriture permet de faire émerger la parole refoulée et, du même coup, permet de jouir du mot liberté dans toute son amplitude. Je cite Kafka : « La littérature est la hâche pour le lac gelé en nous. » La littérature est un peu comme une matière organique, une matière puissante, corrosive ou apaisante, reflet d’une ou de certaine(s) réalité(s). La lecture est un voyage et l’écriture, par le fait même, en est un aussi.
Durant ce périple, j’ai apprivoisé le concept de liberté : liberté d’aimer et de ne pas aimer, liberté choisir ce qu’il nous plait ou non, liberté de protester et de s’exprimer, liberté de dénoncer, liberté de vouloir rester seule, etc. En voyageant, j’ai vu aussi à quel point la liberté est un concept que l’état gère, en bien et en mal. J’ai appris plus personnellement, à ne plus dépendre des autres et à foncer par moi-même.
Finalement, à quelques heures de ma rentrée en sol québécois, je crains malheureusement toujours un peu les atterrissages, au propre comme au figuré. Le choc de l’altérité, au propre comme au figuré.
04 juin 2009
madrid
Je suis rendue à un point de mon voyage où l’heure des constats s’impose. Je suis à a phase du désir de retour sur moi-même, à la phase des bilans et des deuils. Je relis mes premières entrées avec un léger sourire. La Sylvie-Anne qui écrit ces lignes maintenant n’est certainement plus la même que celle qui écrivait vivement son choc d’arrivée.
Je ne trouve pas les mots pour exprimer ce que je ressens. De l’étonnement ? De la nostalgie ? De la souffrance? De la joie ? Je crois bien que c’est une fusion de tout cela.
Puisque je n’avais vu que Barcelone en Espagne, j’ai cru bon de visiter sa capitale, Madrid, afin de mieux cerner ce pays voisin de la France. Après un court séjour à Lyon où j’ai pu avoir du bon temps avec mes amies Julie et Lysandre, j’ai pris l’avion depuis Lyon pour me rendre à Madrid.
J’étais très épuisée à mon arrivée à l’auberge de jeunesse. J’avais une amie qui venait me rejoindre le lendemain. Du coup, pour être en forme, j’ai opté pour une bonne nuit de semaine au lieu de faire la fête. Malheureusement, les autres résidents de l’auberge n’ont pas été aussi sages que moi. Je n’ai que très peu dormi.
Avant que mon amie Lisa arrive, j’ai visité le parc du Buen Retiro. Chaque dimanche, tous les Madrilènes s’y retrouvent pour faire une pause et se détendre. Ce parc est très vaste. Il y a plusieurs sculptures et jardins. Avec la chaleur, 37C, il est très agréable et très populaires de déguster une glace tout en se baladant à pied, à vélo ou en patins à roues alignées. L’Espagne étant un pays très catholique, il n’est pas surprenant de voir l’importance du repos dominical. Par un heureux hasard, c’était la Feria del Libro de Madrid, le Salon du livre du Madrid. Il y avait aisément une centaine de maisons d’édition qui avaient un kiosque. Plusieurs auteurs donnaient des séances d’autographes. J’aurais vraiment aimé discuter avec eux, mais la barrière de la langue complexifiait les choses. Cela dit, je suis vraiment heureuse d’avoir pu assister à ce type d’événement. Le fait que l’événement se donne à l’extérieur donnait beaucoup d’accessibilité et touchait facilement un plus large public. Toutefois, contrairement aux salons du livre au Québec, il était difficile de pouvoir feuilleter les livres. Les stands étaient plutôt des comptoirs de livres. C’était donc techniquement ardu de flâner parmi les livres.
Lorsque Lisa est arrivée, nous sommes allés déjeuner dans un restaurant de la Plaza Mayor. Cette place mythique fourmille de restaurants et de boutiqus de souvenirs. Elle y a vu passer plusieurs grands moments de l’Histoire espagnole.
Le lendemain, soit le lundi, nous sommes allées au musée de la Reina Sofia. Ce musée regroupe des œuvres d’Art Moderne très célèbres, dont Guernica de Picasso, plusieurs toiles de Dali ainsi que des toiles de Magritte. Ce mus.ée est immense et, un peu comme le Louvre à Paris, il est difficile de tout visiter en une seule journée.
Il fait très chaud à Madrid. Il faut s’hydrater constamment si l’on veut pouvoir se ballader longuement. Nous avons foulé plusieurs quartiers, plusieurs jardins. J’ai vu la Plaza del Orient devant l’ancien château du Roi. J’ai aussi visité le musée du Prado où se trouvent plusieurs grandes œuvres classiques.
Un des soirs, nous avons assistés avec deux autres Québécoises et un copain Français à un spectacle de flamenco. À vrai dire, je ne connaissais pas très bien cette danse. Au Québec, je crois que nous avons une image un peu « clichée » de cette danse. Et pourtant ! Quelle énergie ! J’ai été très impressionnée par la grâce et la passion que dégage cette danse. On aurait dit que les danseurs entraient en transe et que, comme par un effet de mimétique, les musiciens suivi des spectateurs étaient possédés par la puissance sensuelle et émotive de la danse. Je trouve que le flamenco renvoie bien à l’image que je me suis faite de l’Espagne : la passion, l’énergie et la chaleur.
26 mai 2009
The rifle
Oh I've been knocking on that door in my sleep
Fight my fireplace glow
I've been knocking on that door in my sleep
Fight my fireplace glow to keep me away,
To keep me away from home
Papa get the rifle from its place above the french doors
They're coming from the woods!
Oh they're coming from the woods!
And mama you're running too
Oh my mama you're running too
Mama you're running too
Oh my mama you're running too
Brother I'm so sorry that you watched the paintings burn
And I've been holding onto the gold
When lettin' go would free my hands
And I've been tying your tongue in a knot
Oh I've been tying your tongue in a knot
To wrap this death, to wrap this death in a sheet
And Papa get the rifle from its place above the french doors
They're coming from the woods!
Oh they're coming from the woods!
And mama you're running too
Oh, my mama you're running too
Mama you're running too
Oh, my mama you're running too
Brother I'm so sorry that you watched the paintings burn
And I can't have those dirty pads down that carpet anymore
No, no I can't have the dirty pads down that carpet anymore
There were too many heavy boots
There were too many heavy boots
There were too many heavy boots
And there were too many big black boots
And there were too many little brown shoes marching through
So I'm countin' it to the sky
Oh I'm countin' it to the sky
I'm countin' it to the sky
Oh I'm countin' it to the sky
And moving back
Oh I'm moving back to
Face the lack of home
Par Alela Diane, The rifle, tiré de l'album Pirate's Gospel
25 mai 2009
Dire aurevoir à la mer
Hier, je suis allée me baigner une dernière fois dans la mer méditerranée.
Le soleil puissant brûlait la peau. L'eau claire et saline refraichissait le corps à peine quelques instants. L'eau était si bleue et si claire que je me voyais nager, je voyais clairement mon corps bouger au rythme de l'eau. J'y flottais, le sourire aux lèvres. Je chavirais sous les vagues. Mes pieds ne touchant jamais le fond, je planais loin de la terre, loin de chez moi. Je n'avais pas froid. Je n'avais pas chaud. Je ne voulais pas penser que c'était la dernière fois que je voyais la mer, que je m'y fondais.
Je me suis rappelée que l'un de mes rêves était de me baigner un jour dans la mer méditerranée. Je garderai en mémoire cette journée fabuleuse d'hier. Je n'avais pas mon appareil photo, de toute façon, ç'aurait été inutile.
08 mai 2009
Paris, lieu(x) commun(s)
Le dimanche matin, j’ai repris l’avion pour Paris. J’ai déjà évoqué auparavant mon amour pour cette ville. Puisqu’il me restait une semaine de congé et puisque je suis en France pour un an, je me devais de prendre du temps dans cette capitale afin de la connaître davantage. Paris est un lieu mythique dans l’Histoire et je tenais à m’imprégner de cela. Paris, c’est Victor Hugo, c’est Zola, c’est Godard. Paris, c’est la Révolution, c’est le berceau des mouvements artistiques, c’est un symbole. Paris foisonne tellement de lieux communs qu’il en vient difficile de tous les énumérer. Errer en Paris, c’est comme errer dans livre immense. Paris est pour plusieurs une source d’inspiration. Toutefois, ce Paris mythique est-il le véritable Paris? C’est ce que j’ai tenté de voir durant ma semaine.
Pour ma première soirée, j’ai dormi chez une amie québécoise, Sarah. J’étais très heureuse de pouvoir communiquer ma joie en français! Je ne suis restée qu’une nuit chez Sarah, car elle partait le lendemain en Suisse. C’est grâce à Sarah que j’ai décidé de partir en voyage seule. Elle avait tenté l’expérience au mois de février et elle avait tellement aimé cela. Je me suis dit que si Sarah pouvait le faire, je le pouvais aussi. Le lendemain, Sarah m’a fait visiter un des pavillons de la Sorbonne où elle étudie depuis janvier. Sans grande surprise, j’ai constaté le mauvais état des locaux. Ce mauvais état n’est pas sans rappeler ceux d’Aix-en-Provence.
Puisque je voulais rester à Paris malgré le fait que personne ne pouvait m’héberger plus que deux jours, j’ai décidé de faire du « couchsurfing » (voir les entrées précédentes). Matthieu m’a hébergée pour quatre nuits dans son appartement. Je dois dire que ça n’aurait pas pu être mieux. Matthieu habite dans le quartier Montparnasse, dans le 14e arrondissement. Depuis la fenêtre de sa chambre, nous avons une vue directe sur le cimetière Montparnasse. Matthieu étudiait très fort durant la journée en vue de son voyage en Israël. Il s’est mis en tête d’apprendre l’hébreu en quelques semaines. Cela dit, malgré son emploi du temps chargé, il a pris du temps pour moi et nous sommes sorties tous les soirs de la semaine.
Malgré le mauvais temps, j’ai marché de longues heures chaque jour. J’ai visité les grands jardins qui font respirer Paris. Bien que j’ai apprécié le jardin des plantes, je dois admettre avoir eu un véritable coup de cœur pour les jardins du Luxembourg. Ce parc est vraiment joli avec ses allées très droites et son immense bassin. Il y a des chaises partout dans le parc et les gens s’y assoient et discutent, lisent ou regardent simplement le temps passer. Ce qui m’a aussi interpellée, c’est la diversité des gens qui s’y rendaient : familles, couples, groupes d’amis, personnes âgées, tous sont les bienvenus.
J’ai visionné à la Cinémathèque un film de Gerard Frot-Coutz de 1987 qui m’a plu, malgré quelques défauts majeurs. Beau temps, mais orageux en fin de journée présente l’histoire de deux couples : un jeune couple et les parents de ce jeune couple. L’histoire se déroule à Paris, en l’espace d’une journée. Les personnages sont confrontés à leur réalité individuelle, familiale et conjugale. Les interprètes étant justes, le film semble en être plus intéressant. J’ai trouvé le scénario plus pertinent à être présenté sur les planches que sur pellicule. Cela dit, j’ai tout de même bien apprécié ce film. Je n’en avais jamais entendu parler auparavant.
J’ai aussi visité le centre Georges Pompidou où se trouvait, entre autres, une formidable exposition sur Kandinsky. Je connaissais un peu cet artiste russe et théoricien d’art très marquant au 20e. Ses travaux de décomposition de l’image l’amènent à devenir le premier artiste à peindre une toile non figurative. L’exposition centre sur l’évolution de la recherche artistique de Kandinsky. Ces œuvres les plus célèbres s’y trouvaient notamment ses Improvisations.
Avec Matthieu, je suis allée avoir Médée d’Anouilh. Je ne connaissais que de nom ce dramaturge français. J’ai été charmée par la richesse du texte. Toutefois, la mise en scène m’a semblé trop pompeuse et le jeu des acteurs un peu faux. Dans l’ensemble, par contre, ce n’était pas totalement un échec, mais je crois que la poésie de l’écriture rendait la pièce plus digeste. L’histoire tirée de la mythologie grecque est ici actualisée par Anouilh et, par le fait même, plus accessible. En jugeant les applaudissements à la fin, je crois bien qu’il n’y a pas que Matthieu et moi qui n’avons pas apprécié la pièce.
J’ai aussi assisté avec des amis de Matthieu à un spectacle d’accordéon donné dans un petit bistro près de Montmartre. L’endroit était bondé et nous étions debout. De l’extérieur, je n’aurais cru qu’il s’y jouerait une petite représentation tout à fait charmante d’accordéon. Est-ce cela la magie des petits cafés parisiens?
Il n’est pas facile de vivre en Paris. Suite à de nombreuses discussions avec des Parisiens, je comprends pourquoi plusieurs disent que Paris est une ville individualiste et froide. Il est vrai que les contacts entre les gens sont très limités. Il est vraiment difficile de faire de nouvelles connaissances. Ce n’est pas parce que c’est une grande ville que les gens se connaissent plus, au contraire. C’est à Paris que les gens souffrent le plus de solitude. Par exemple, une des voisines de palier d’une amie de Matthieu est demeurée pendant trois jours dans le coma. C’est sa fille de Saint-Malo qui est venue la voir et la porter à l’hôpital. Par ailleurs, l’individualisme est présent dans chaque grande ville et ce mal n’affecte pas seulement Paris. Il est vrai qu’à Paris, chaque personne suit sa ligne, son chemin et regarde le sol sans lever les yeux sur qui que ce soit. À Marseille, je sens que c’est l’autre extrême, au sens où il est très fréquent de se faire complètement dévisager et déshabiller du regard. Personnellement, Paris me semble plus attrayant, malgré tout.
Mon séjour à Paris a été très dense en découvertes et en émotions diverses. Ce fut très sincèrement la plus belle semaine de ma vie. J’avais l’impression d’être en parfaite osmose avec la vie, avec moi-même et avec les autres. Paris est vraiment, à mon avis, un des endroits où il est le plus facile de s’épanouir intellectuellement. Le bouillonnement culturel, le caractère mythique de la ville et le dynamisme estompent sans doute l’individualisme citadin. Malgré la grisaille, qui d’après moi rajoute un charme à la ville, il brille en Paris une énergie que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs. Sans doute est-ce à cause que Paris est un amalgame de lieux communs. J’ai l’impression toujours connue Paris et d’y être réellement née. Est-ce purement subjectif? Certes.
01 mai 2009
Stockholm
J’ai quitté Oslo très tôt le jeudi matin pour me rendre en Suède, à Stockholm, dans la capitale. Mon amie Martha m’a toujours fortement insisté à m’y rendre. Je ne connaissais rien sur la Suède. En fait, un peu comme tout le monde, je connaissais IKEA, H& M, leur équipe nationale de hockey…
J’ai visité plusieurs capitales depuis mon arrivée en France. Je suis peut-être un peu moins impressionnée qu’avant. Dans le train qui me rendait à Stockholm, je dormais, déjà épuisée de tout ce qui se passait en si peu de temps. En voyageant seule, je vivais ma vie intensément et sur l’adrénaline. Il y avait un bébé sur le siège à côté du mien. Je n’ai pas réussi à dormir et j’ai préféré jouer durant tout le trajet avec lui.
Arrivée à Stockholm, je ne tenais plus en place. Quelle merveille du monde ! Stockholm m’a semblé, au premier coup d’œil, être la Capitale des capitales européennes. Elle me rappelait Paris et Budapest grâce au fait qu’elle est entourée d’eau. En effet, Stockholm est un regroupement d’îles du lac Malar. C’est impressionnant! Elle me rappelle aussi Paris, Londres et Vienne pour leurs grands bâtiments qui ressemblent à des châteaux. Stockholm a des airs de Prague avec ses grands clochers d’églises qui pointent vers le ciel. Le vieux Stockholm peut aussi rappeler le Portugal et l’Espagne à cause des couleurs vives des bâtiments. Tout ça pour dire que je n’aurais jamais pensé trouver une telle ville au nord. Elle ne ressemble en rien à une capitale nordique, selon moi.
Une fois de plus, le coût de la vie est très élevé. Je n’ai pas fait de grands restaurants! À Stockholm, la nourriture est semblable qu’à Oslo. Outre les chaînes d’épicerie qui sont différentes, le reste est relativement pareil. J’ai remarqué cependant que Stockholm était plus « américanisé » qu’Oslo au sens où la culture du rapide était instaurée et que les gens semblaient moins portés sur le sport et la santé, mais bien sur les apparences. Toujours en rapport avec l’étude de l’OCDE, la Suède et le Canada se trouvent au même niveau par rapport à la propension au bonheur. Par exemple, la téléréalité est très présente en Suède, mais beaucoup moins présente en Norvège. Avec du recul, je constate qu’il y a, au sein même des pays scandinaves, de tes grandes différences dans leurs similitudes. La ville me semblait beaucoup moins propre qu’à Oslo. Les gens semblaient plus ouverts aux autres qu’en Norvège où j’avais trouvé un accueil plutôt froid. Il faut aussi prendre en considération que Stockholm est une ville très touristique comparativement à Oslo.
À mon arrivée, je n’ai même pas voulu m’enfermer dans un musée… J’ai sorti mon appareil photo et je n’ai pas arrêté de prendre des clichés de tout ce que je voyais. J’étais submergée par tant de beautés.
En début de soirée, j’ai rencontré Thomas, mon généreux hôte. Thomas a toujours grandi en Suède. L’été passé, il a assisté aux Jeux olympiques et après il est allé parcourir les États-Unis en voiture avec ses amis. C’est un mordu de sports et de télévision. Il était très épuisé lorsque j’étais là. Nous avons passé nos soirées à discuter devant le téléviseur. Puisque j’étais déjà éreintée de mes longues journées à marcher, j’appréciais vraiment le calme et la simplicité de Thomas. Grâce à lui, j’ai appris tellement de choses sur la Suède. Par exemple, tous les Suédois ou presque sont bilingues, voire même trilingues. Ils ont des cours d’anglais dès leur plus jeune âge. Ici, tous les films étrangers sont dans leur version originale avec sous-titres. Les Suédois, après l’anglais, ont le choix d’apprendre une autre langue, dont le français! Thomas m’a dit que je pourrais sans doute parler à des Suédois en français et ils pourraient facilement me comprendre et me parler!
Outre marcher à Stockholm, j’ai aussi visité deux musées, un musée des Beaux Arts et un autre d’Art moderne. Je vais surtout m’attarder sur le musée d’Art moderne qui était sans doute l’un des meilleurs que j’ai visité de toute ma vie. Il y avait d’abord une exposition de photographies d’Andreas Gursky. Cet artiste prend en photo plein d’endroits dans le monde. Ses photos sont très recherchées et rendent l’image d’un monde insolite et riche. Il rend aussi la laideur citadine très belle. J’étais toujours très heureuse de reconnaître certains endroits, mais j’étais un peu déçue de ne voir aucune photo du Québec. Le reste du musée, les collections permanentes, m’a, encore une fois de plus, franchement plu! Les salles retraçaient avec justesse les grands mouvements artistiques du dernier siècle. La grande majorité des toiles étaient accompagnées d’explications, de contextualisation. J’y ai passé plusieurs heures.
J’ai erré dans Stockholm sans jamais me perdre. J’aimais l’heureux mélange de touristes et de Stockholmois. Sans carte, j’ai repéré les plus beaux points de vue et les monuments importants. Stockholm est une ville faite pour les piétons, selon moi. Les quais sont larges et il est facile d’y rouler à vélo, d’y marcher ou d’y prendre une pause et s’asseoir. C’était le début du printemps à Stockholm. Le temps était à la fête et aux glaces. Jeunes et moins jeunes savouraient des glaces, à tous les coins de rue. Pour tout dire, j’étais charmée!
28 avril 2009
oslo. capitale pacifique
Je m’étais toujours dit que je voyagerais seule à un moment donné. Je crois qu’il faut le faire, un jour ou l’autre, afin de pouvoir être capable de savourer le mot « liberté » et tout ce que ce dernier implique.
C’est avec beaucoup d’énervement que j’ai quitté Aix-en-Provence. En fait, j’étais plutôt faible et endormie, le stress m’ayant rendue malade. J’avais peur de l’inconnu. Cela dit, dès que j’ai quitté Aix-en-Provence, je me sentais légère et pleinement confiante. En effet, je n’ai plus angoissé du voyage.
Mon vol s’est bien déroulé. Une fois de plus, la compagnie aérienne Ryanair ne m’a pas épatée : manque d’organisation, lenteur et sollicitation exagérée. J’atterrissais à l’aéroport Torp qui est à 120 km de la ville d’Oslo. Le trajet Aix-Oslo a duré en tout et pour tous pas loin de 6 heures. Pour ma première nuit, j’étais en auberge de jeunesse puisque j’arrivais trop tard pour me rendre chez quelqu’un. Mon auberge était située dans le centre, à soi-disant cinq minutes de la gare. Toutefois, je me suis perdue et je ne l’ai trouvé qu’après 25 minutes de marche. Épuisée, mais ravie d’être arrivée, j’ai rapidement gagné ma chambre. Je partageais la pièce avec une Finlandaise qui étudie les Beaux Arts. Nous avons eu une longue discussion sur les musées à voir à Oslo. C’était son premier voyage seule elle aussi. Elle m’a rassurée en me disant que c’était une ville bien indiquée et petite et qu’il était difficile de s’y perdre.
Le lendemain matin, je me suis levée pour entamer ma visite de la vile. Oslo est la capitale de la Norvège et est situé au creux d’un fjord, dans le sud du pays. Elle est reconnue, car c’est dans cette ville que chaque année est remis le prix Nobel de la Paix. Oslo figure parmi les villes les plus pacifiques au monde. Toutefois, comme j’ai pu le constater, Oslo n’est pas une ville très touristique. Son architecture très moderne n’accroche pas l’œil. Les touristes qui visitent la Norvège ne s’y attardent pas trop; ils préfèrent monter vers le nord, vers Bergen, pour y admirer les fjords impressionnants. Malgré cela, je crois que la capitale de la Norvège mérite que l’on s’y intéresse, ne serait-ce que pour ses musées et pour y observer les nombreux acquis sociaux qu’ont les résidents. En effet, la mentalité des pays scandinaves est fort intéressante. J’y reviendrai plus tard.
Pour la première journée, j’avais planifié faire un musée. Du coup, j’aurais pu y laisser mon sac. Malheureusement, je me suis égarée et je n’ai pu visiter qu’un seul musée dans l’après-midi. Cela dit, ce n’était pas si grave, car cela m’a permis de découvrir un quartier moins touristique d’Oslo. En voyageant seule, j’ai appris à ne plus m’en faire avec rien. J’ai appris à relativiser les choses. Au lieu de m’apitoyer sur mon sort et de me mettre en colère contre moi-même et mon mauvais sens de l’orientation, j’ai préféré en rire tout bonnement.
J’ai visité le musée d’art national de Norvège. J’y ai vu, entre autres, le fameux Cri de Munch. Il y avait une exposition « Sensibilité et paysages norvégiens ». Ce fut une visite plaisante, d’autant plus que c’était gratuit et qu’elle m’a permis de voir la Norvège sous un angle que je n’aurai pas eu la chance de voir.
Oslo est une ville certes assez petite où l’on y compte plusieurs grands parcs. L’hiver, les habitants y pratiquent plusieurs sports, dont le ski de fond. Une des choses qui m’a le plus surprit à mon arrivée en Norvège, c’est l’excellent train de vie que semblent mener les gens. Je n’ai pratiquement pas rencontré de gens ayant un surplus de poids. Les gens sont très actifs : le jogging et la bicyclette se pratiquent quotidiennement et toujours à l’extérieur. Dans les épiceries, il y a de grands rayons réservés aux fruits, aux légumes, aux noix et au poisson. J’ai aussi appris que la Norvège, voir les pays scandinaves, jouit d’excellents acquis sociaux. Par exemple, une femme enceinte a droit à un an de congé payé. Les hommes et les femmes sont toujours traités sur le même pied d’égalité; les hommes cuisinent autant que les femmes et s’occupent autant des enfants. Il y a réellement un désir d’équité et de bien-être. En étant dans un contexte social favorable à l’épanouissement spirituel et physique, ces individus me semblent moins portés vers la malhonnêteté. Comme l’indique récemment une étude de l’OCDE, les Norvégiens ont en moyenne 7470 heures de loisir par année, soit le plus haut taux au monde. Selon ce même rapport, plus le temps consacré au loisir est élevé, plus les chances d’êtres heureux sont fortes. Nous ne disons pas un corps sain dans un esprit sain pour rien! C’est aussi en Norvège que l'écart entre la quantité de temps de loisir des hommes et celui des femmes est le plus petit.
Lorsque j’étais à Oslo, j’étais hébergée chez un Américain qui faisait un semestre là-bas. C’était intéressant de discuter avec lui, car nous avons pu comparer les différents systèmes de valeurs. Je ne pensais pas du tout avoir un choc culturel en allant dans un pays scandinave. Finalement, j’en ai eu un. J’ai l’impression que ces pays ont nettement plus d’avance que la plupart des autres pays dans le monde occidental.
19 avril 2009
Du concentré. De l'ultimatum
Une de mes très bonnes amies, Lysandre, est venue rendre à moi et à Alex cette fin de semaine. Elle vient tout juste de quitter Aix-en-Provence et Alex est partie ce matin pour Madrid. Catherine est en voyage avec son copain à Amsterdam. Coralie est à Londres. Marta, Dominique, Laurence et Kristine quittent elles aussi la France pour quelques jours. Je suis seule pour une soirée. Demain, je pars pour la Norvège et la Suède. Ce sera mon premier voyage seule. Je crois m’être bien préparée. Je suis certes un peu anxieuse, mais je crois qu’en fin de compte, ce sera une expérience plus qu’enrichissant et que tous comptes faits, le stress m’est nécessaire.
Je regarde ce que j’ai réalisé depuis mon arrivée, par où j’ai passé, par où j’ai changé, etc. J’ai appris mes limites, souvent je me suis dépassée et j’ai été confrontée à de nouvelles réalités.
Je regarde la grève différemment. J’ai assisté à maintes assemblées générales, j’ai participé à deux manifestations… Je me dois de moduler mon propos de février. Il règne dans les AG une incohérence remarquable et un extrémisme aveugle. Pendant plusieurs heures, une vingtaine d’étudiants répètent les grandes lignes du conflit devant deux cents étudiants. Un vote à main levée fait office de vote officiel, vote qui relativement puissant puisqu’il rend possible le blocage d’un bâtiment universitaire. Un noyau d’étudiants assez visible scande des slogans pro-communistes… Pendant ce temps, nous étudions Soljenitsyne et Havel à l’université. Les mesures de radicalisation de la contestation ont été déclenchées beaucoup trop tard, à mon avis. Sarkozy, contrôlant les médias français, rend difficile la visibilité de ce conflit. Les Français ont aussi une très mauvaise réputation : celle d’être un peuple qui opte trop fréquemment pour la grève. Cette option surutilisée voit son pouvoir dilué et risible. L’heure est grave en France; les manifestations et les grèves n’ont plus de poids. Les conditions de vie sont de moins en moins bonnes. Par exemple, une enseignante au lycée à Paris ne peut en aucun cas trouver un logement et doit vivre dans une maison mobile en banlieue, à une heure de la ville ou vivre dans un appartement exigu avec plusieurs colocataires. L’activité intellectuelle et culturelle est méprisée dangereusement par le gouvernement au profit des études commerciales. La France se détruit par elle-même. Mon dégoût envers Sarkozy s’amplifie au fil des semaines. De surcroît, ses propos envers les indépendantistes et son admiration envers Paul Desmarais ne viennent qu’appuyer mon pessimisme. Je ne suis pas Française et, heureusement, je ne le serai jamais.
Dans à peine deux mois, je retrouverai le Québec. La perspective de quitter la cité universitaire (les résidences universitaires) me réjouit. Depuis près sept mois déjà, je vis dans un 9m carré. Je partage des toilettes (sans bol), des douches glacées où le plafond pourrit dangereusement, des cuisines toujours sales et un logement avec 500 autres étudiants. Je n’ai jamais voulu m’étendre sur ce sujet. C’est un choix que j’ai fait. Le prix du loyer est toutefois fort avantageux, d’autant plus que les logements sur Aix sont très chers. N’ai-je pas voyagé pour la peine? C’est toutefois avec une grande tristesse que je me vois peu à peu confrontée à une nouvelle réalité : celle de mon retour. Ce ne sera plus possible de voyager autant, de voir la Méditerranée, de discuter avec la dame chez Histoire de Pain, de boire du vin à profusion sans devoir casser mon cochon… Malgré la bureaucratie et les politiques dangereuses, j’éprouve beaucoup de sympathie, beaucoup d’affection pour le peuple français. Ce peuple qui m’a tant déplu à mon arrivée se présente maintenant à moi avec un œil complice et bienveillant. Je sais très bien que je ne pourrai plus me demander avec un petit sourire, le dimanche matin à mon réveil : « Aujourd’hui, vais-je à Cassis ou à Marseille? »
À mon retour des capitales de la Scandinavie je passerai une semaine à Paris avant de retourner à Aix-en-Provence. Je vais sans doute reprendre les cours négligés par la grève en accélérés. Je vais revoir les gens d’ici pour une dernière fois. Je ferai un dernier voyage; j’irai en Italie, à Florence. Je sais que mon mois de mai sera des plus intenses, un peu comme mon mois de septembre.
Les deux dernières fins de semaine, je les ai passées à visiter les alentours avec des amies qui sont venues me voir. J’étais vraiment heureuse voir Aix en fleurs. C’est le printemps ici et je dois dire que la Provence au printemps ressemble au paradis. Avec Lysandre et Alex, nous avons fait un après-midi de photographie… Je n’avais jamais pris le temps de le faire précédemment. Je n’ai jamais pris d’aussi belles photographies de toute ma vie… J’habite dans un paradis et je ne le vois même plus tellement il m’est devenu commun. Me serais-je finalement habituée à cette vie?
C’est donc un mélange de concentré de tout ce que je veux faire et tout ce que je veux voir qui m’attend à mon retour de voyage. Ce sera un concentré d’études, de rencontres et de vins avec un air d’ultimatum…
08 avril 2009
Brest / Saint-Malo / Dol de Bretagne / Cancale / Mont Saint-Michel
Seulement deux jours après être revenue de Londres, je suis repartie une fois de plus de l’aéroport de Marseille vers une destination nouvelle : la Bretagne. La Bretagne est une région de la France située au nord Ouest. Elle se caractérise par le vert de ses pelouses, par sa frontière qui est délimitée par la Manche et l’océan Atlantique, par ses crêpes, par son cidre, par ses ports maritimes importants et ses paysages campagnards.
Pour ce voyage, j’ai retrouvé mon acolyte du Portugal, le charismatique Alex Noel et mon acolyte de Londres, la spontanée Catherine Groleau. Malgré la fatigue accumulée lors des voyages précédents, nous étions emplis d’une frénésie nouvelle : celle de découvrir une nouvelle région de la France qui nous était jusque-là inconnue, sauf pour Alex qui avait déjà séjourné quelques jours à Rennes.
Nous avons trouvé un vol peu coûteux avec la compagnie Ryanair. Cela dit, il est pertinent de souligner que le prix du billet devait être influencé par l’heure très matinale du départ. Nous avons quitté le sud de la France vers 6 h du matin. C’est aux alentours de 8 h que notre voyage en Bretagne a commencé. Nous arrivions à Brest. Plusieurs de nos amis nous avaient avertis; Brest est une ville où il vaut mieux ne pas trop s’y attarder. Du coup, nous avons décidé de seulement prendre la matinée pour la visiter. Quel bon plan! Après une heure de marche, nous étions blasés! Brest est une ville qui a été complètement ravagée en 1944 et qui a été reconstruite « à la moderne ». Cette reconstruction est un échec à part entière. Elle ressemble à un parc industriel à l’abandon. Le port et la rive ne sont pas aménagés. Cette ville nous a semblé un véritable fléau de l’architecture et de la sauvegarde de patrimoine français. Nos dernières heures à Brest, nous les avons passés à la gare.
Nous avons pris le train de Brest pour nous rendre jusqu’à Saint-Malo. Le trajet a été sommes toutes assez long, car nous devions changé de train à Rennes. Malgré cela, nous adorons tous prendre le train et nous avons plus que profité des paysages qui défilaient sous nos yeux. Rien à voir avec la hideuse Brest! Le franc du vert nous a subitement frappés! Malgré la légère brume qui enveloppait le paysage, nous étions plus qu’impressionnés de voir cette verdure à perte de vue et ces petites maisons qui ressemblent tant à celles des campagnes québécoises! Il est vrai que plusieurs Bretons sont partis de la France pour venir s’installer au Québec, il y a très longtemps. Mes ancêtres, en l’occurrence, étaient Bretons!
Notre auberge de jeunesse n’était pas tout à fait à Saint-Malo, mais elle était en campagne, à Cancale, à une quinzaine de minutes de la gare SNCF. Il fallait s’y rendre en bus. Je dois dire que nous avons eu une chance incroyable d’avoir déniché cette auberge de jeunesse. Elle était située en plein cœur d’une baie. Sans la brume, nous pouvions y apercevoir le mont Saint-Michel. Nous étions situés en retrait du village, par contre. Le préposé à l’accueil nous a offert de nous reconduire au centre pour ainsi pouvoir faire des courses. Après un bon petit souper bien arrosé, nous avons pris la direction de nos lits.
Le lendemain, nous nous sommes levés tôt pour nous rendre au mont Saint-Michel. Le propriétaire de l’auberge nous a reconduits à la gare de Dol-de-Bretagne. C’est à cette gare que partent les bus pour se rendre au mont Saint-Michel. Nous avions deux heures à attendre l’autobus. Du coup, nous en avons profité pour visiter un peu ce magnifique petit village. Quel coup de cœur ! Les gens étaient tellement souriants. Une dame nous parlé du haut de son balcon. Elle nous conseillait d’aller voir la cathédrale qui se trouvait au centre du village. Il y avait de beaux arbres en fleurs. Une femme m’a vue prendre sa maison en photo et est venue me parler. Je lui ai dit que j’aimais beaucoup les fleurs devant sa maison. Elle m’a proposé d’en cueillir pour moi si ça me le disait. Je ne pouvais pas trop ramener de fleurs avec moi, mais j’étais touchée de sa gentillesse et de son offre. Je ne crois pas que l’on aurait fait cela au Québec, même à des étrangers.
Lorsque nous avons aperçu le mont Saint-Michel, nous étions franchement émus et impressionnés. Autour de ce mont, tout est très plat, puis se dresse une petite montagne au milieu de nulle part. Un véritable petit village est juché sur ce mont qui semble presque appartenir à un autre monde. Nous avons passé le reste de la matinée à marché autour du mont. Devant, il y a une bordure de terre où plusieurs moutons sont élevés. Le mouton figure parmi mes animaux préférés et j’étais vraiment tout excitée de courir parmi eux. Ensuite, puisque c’était la marée basse, nous avons marché autour du mont. À marée basse, le sol est constitué de glaise. Nous avons marché pieds nus. C’était vivifiant! Une brume opaque nous entourait et nous aurions dit que nous étions dans un rêve, dans un lieu irréel. Après cette marche énergisante, nous avions si faim! C’est sans doute pour cela que j’ai pris le menu du jour au restaurant. J’ai décidé d’ouvrir mes horizons et de goûter à une spécialité locale : un bouillon normand. Le bouillon normand est constitué de pommes de terre, d’oignons et de… tripes. Quelle gaffe! Par chance, il y avait du pain. J’ai été incapable de manger ce plat qui me donnait la nausée plus qu’autre chose. Nous avons aussi bu du cidre, une boisson très bretonne et très normande. Il est important de souligner le grand dilemme que pose le mont Saint-Michel : appartient-il à la Bretagne ou à la Normandie? Les deux régions se le disputent depuis longtemps. Malheureusement pour la Bretagne, il appartient à la Normandie depuis peu. Nous avons passé notre dernière heure à marcher sur le mont et à prendre plusieurs photographies.
La journée du lendemain, nous avons décidé d’explorer la région autour de notre auberge et de nous rendre à Saint-Malo. En début de soirée, nous regagnions Brest, car notre vol était, une fois de plus, à une heure très matinale le dimanche matin. Nous avons longé la mer depuis notre auberge. Il y avait un sentier pour cela. Avec la brume, nous aurions dit que le ciel se fondait dans la mer. Nous avons croisé quelques personnes durant notre excursion : deux joggeurs, un monsieur et son chien. Nous parlions peu et nous baignions dans la contemplation et le silence, comme si les mots auraient taché la paix qui régnait autour de nous. Arrivés à Cancale, nous avons pris le bus pour nous rendre à Saint-Malo.
Il pleuvait malheureusement à Saint-Malo à notre arrivée. Cela dit, nous avions terriblement faim et le temps était plus à la dégustation qu’à la contemplation. Pour notre dernier repas au restaurant, nous avons opté pour des crêpes bretonnes. Habituellement, je tâche de manger très santé à tous les repas. J’ai fait l’exception cette fois-ci ! Les crêpes et galettes bretonnes sont consistantes et diversifiées. Elles se garnissent de fromage, d’œuf, de saucisses, de jambon, de poissons lorsqu’elles sont salées. Pour le dessert, j’y suis allée avec une crêpe flambée au Grand Marnier. Malheureusement, je n’avais plus très faim et je n’ai pas réussi à la manger en entier. Alex a choisi comme apéritif un kir normand. Cette boisson est un mélange de cidre et de liqueur de châtaigne. Nous avons tellement adoré son apéritif que nous comptons bien récidiver cette recette des plus exquises. En sortant du restaurant, le ciel était très bleu. Nous avons visité une église complètement restaurée. En fait, tout comme Brest, Saint-Malo a été complètement ravagé en 1944. Seulement, à l’inverse de Brest, la ville a été reconstruite comme avant sa destruction, en prenant bien soin de respecter son ancienne architecture. Quelle belle réussite! Nous avons vu la tombe où Jacques Cartier est enterré. C’est de Saint-Malo que ce dernier est parti pour l’Amérique. Lorsque nous sommes sortis des fortifications, nous avons été émerveillés et surpris de voir la mer devant nous, une mer d’un bleu électrique. Vraiment, la Bretagne est une région aux couleurs franches et vives! Nous sommes demeurés assis pendant une bonne vingtaine de minutes à contempler la mer et les voiliers qui y naviguaient. À Saint-Malo, il y a plein de petites îles avec des forts. Je m’imaginais vraiment prendre un bateau et aller tous les explorer… Un jour, j’aurai le temps de le faire. Le reste de la journée, nous avons marché sur les remparts, marché dans la ville… et nous sommes retourné le cœur gros à Brest.
J’ai, une fois de plus, eu une fin de semaine mémorable. Le paysage breton ressemble un peu à celui du Québec et c’est sans doute pour cela que je m’y sentais un peu comme chez moi. J’ai aussi découvert à quel point j’étais bien entourée; j’ai appris à connaître davantage mes deux acolytes et ce fut très enrichissant. Nous avons tous vécu le voyage différemment, mais nous l’avons vécu identiquement à la fois. Nous n’avions pas toujours besoin de nous parler pour nous comprendre. Nous pouvions blaguer et l’instant d’après être dans notre bulle ou réfléchir. Je crois qu’en voyage, il est bon de voyager avec les autres, vers les autres, mais aussi voyager à l’intérieur de soi.
07 avril 2009
Bulle de blogueuse
Hola chers lecteurs inconnus et connus de ce blog,
je veux d'abord excuser mon manque de rigueur. J'ai été plutôt prise ces derniers temps.
Pour infos, c'est toujours la grève à la fac de Provence. La rumeur court à propos d'une reprise du fameux mai 68. Tout se corse !
J'ai rajouté, pour le plaisir, quelques photos dans mon album "mosaique de voyage". Jetez-y un coup d'oeil, si le coeur vous en dit !
Il me reste moins de deux mois en sol européen. D'ici mon retour, beaucoup de choses s'en viennent. J'ai planifié d'autres voyages et réfléchi sur plusieurs projets.
Commentaires ? Suggestions ? Questions ? N'hésitez pas à m'écrire. Il me fait toujours plaisir de vous lire.
Sur ce, bon printemps !
Sylvie-Anne


